auteur

Sara Houmair
Publié le :
May 23, 2026

Les activités du déchet et de la propreté urbaine : quelles transformations du modèle économique ?

65 % des entreprises des activités du déchet et de la propreté urbaine identifient la conscience environnementale comme la mutation sociétale la plus structurante à l’horizon 2030.

Cette mutation s’inscrit dans un ensemble d’évolutions plus larges - cadre réglementaire, automatisation, électromobilité ou encore évolution des attentes des usagers - qui redessinent le secteur. À partir d’une étude du cabinet Paradoxes menée avec l’Opco AKTO et la branche professionnelle des activités du déchet, cet article analyse les dynamiques de transformation et les stratégies d’adaptation des entreprises.

La branche des activités du déchet : un écosystème de terrain face à des mutations structurelles

Collecte, tri,valorisation : les entreprises des activités du déchet évoluent dans un écosystème multi-acteurs. Le secteur compte 1 420 entreprises et plus de 58 000 salariés. Le tissu économique est composé à 61 % de TPE, mais l’emploi se concentre dans les grands groupes : 36 % des salariés travaillent dans des structures de plus de 500 salariés. C’est un univers de terrain, relativement stable (forte part de salariés en CDI), majoritairement masculin (82 % des salariés) et ouvrier (67 % des salariés). Il est aujourd’hui confronté à un enjeu central : le vieillissement des effectifs (36 % des salariés sont âgés de plus de 50 ans).

Historiquement, l’activité des activités du déchet s’est construite autour des lois de 1975 et1992, centrées sur l’élimination des déchets. Avec la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 (LTECV), puis la loianti-gaspillage pour une économie circulaire de 2020 (AGEC), le secteur est entré dans une nouvelle phase, celle de l’économie circulaire.

Les entreprises doivent désormais s’aligner sur les directives européennes relatives aux déchets, aux emballages et aux équipements électriques et électroniques, ainsi que sur les objectifs internationaux de l’Agenda 2030, et à ses 17 Objectifs de Développement Durable (ODD).

Aujourd’hui, deux tiers d’entre elles estiment que la loi AGEC et l’extension des filières REP (Responsabilité Élargie du Producteur) ont un impact significatif sur leur modèle économique.

Technologies connectées et électromobilité : une transformation des modes opératoires

Les modes opératoires évoluent sous l’effet des transformations technologiques et des contraintes économiques.

L’automatisation des centres de tri (tri optique, robotisation) modifie les pratiques professionnelles, tandis que les technologies connectées (capteurs, RFID, poubelles intelligentes) permettent d’optimiser la collecte. Près de 60 % des entreprises anticipent un impact majeur de ces innovations.

L’électromobilité s’impose également comme un axe structurant : deux entreprises sur trois préparent le passage à des flottes électriques à horizon 2030.

Dans le même temps, les entreprises doivent composer avec des contraintes économiques croissantes. Près des deux tiers anticipent des restrictions budgétaires de la part des donneurs d’ordre, tout en devant répondre à des exigences accrues, notamment en matièrede qualité du tri (46 %) et d’usage de véhicules plus respectueux de l’environnement (38 %).

 

Des adaptations en cours qui interrogent les compétences de demain

La montée de la conscience environnementale constitue une évolution majeure : près des deuxtiers des entreprises la considèrent comme la transformation sociétale la plus structurante à horizon 2030.

Les pratiques évoluent progressivement (réemploi, vrac, compostage), modifiant la relation entre les entreprises et les usagers et ouvrant la voie à une redéfinition de l’offre des ervices : davantage d’accompagnement, de proximité et de solutions sur mesure.

Face à ces évolutions, les entreprises ajustent leurs orientations stratégiques. La valorisation des déchets constitue une priorité majeure : 75 % investissent ou prévoient d’investir dans ce domaine. Les investissements dans des véhicules plus respectueux de l’environnement se généralisent, tandis que de nouvelles solutions émergent : collecte sur rendez-vous via des applications, développement des points d’apport volontaire ou encore ouverture de déchèteries de proximité.

À mesure que le modèle économique évolue, les besoins en compétences se transforment. Le secteur se digitalise, s’ancre davantage dans l’économie circulaire et doit répondre à des exigences réglementaires et sociétales croissantes. Dès lors, une question se pose : comment ces mutations redéfinissent-elles les métiers, les compétences et les parcours professionnels ?

Pour aller plus loin :

Paradoxes Conseil (pour OPCO AKTO), CPNEFP des activités du déchet, “Regardprospectif sur la branche des activités du déchet et de la propreté urbaine à 5ans”, Décembre 2023.

Lire l’article 2 consacré aux activités du déchet :

De métiers sensibles auxmétiers émergents : comment se (re) - compose la cartographie des compétencesdes activités du déchet et de la propreté urbaine ?

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