65 % des entreprises des activités du déchet et de la propreté urbaine identifient la conscience environnementale comme la mutation sociétale la plus structurante à l’horizon 2030.
Cette mutation s’inscrit dans un ensemble d’évolutions plus larges - cadre réglementaire, automatisation, électromobilité ou encore évolution des attentes des usagers - qui redessinent le secteur. À partir d’une étude du cabinet Paradoxes menée avec l’Opco AKTO et la branche professionnelle des activités du déchet, cet article analyse les dynamiques de transformation et les stratégies d’adaptation des entreprises.
La branche des activités du déchet : un écosystème de terrain face à des mutations structurelles
Collecte, tri,valorisation : les entreprises des activités du déchet évoluent dans un écosystème multi-acteurs. Le secteur compte 1 420 entreprises et plus de 58 000 salariés. Le tissu économique est composé à 61 % de TPE, mais l’emploi se concentre dans les grands groupes : 36 % des salariés travaillent dans des structures de plus de 500 salariés. C’est un univers de terrain, relativement stable (forte part de salariés en CDI), majoritairement masculin (82 % des salariés) et ouvrier (67 % des salariés). Il est aujourd’hui confronté à un enjeu central : le vieillissement des effectifs (36 % des salariés sont âgés de plus de 50 ans).
Historiquement, l’activité des activités du déchet s’est construite autour des lois de 1975 et1992, centrées sur l’élimination des déchets. Avec la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 (LTECV), puis la loianti-gaspillage pour une économie circulaire de 2020 (AGEC), le secteur est entré dans une nouvelle phase, celle de l’économie circulaire.
Les entreprises doivent désormais s’aligner sur les directives européennes relatives aux déchets, aux emballages et aux équipements électriques et électroniques, ainsi que sur les objectifs internationaux de l’Agenda 2030, et à ses 17 Objectifs de Développement Durable (ODD).
Aujourd’hui, deux tiers d’entre elles estiment que la loi AGEC et l’extension des filières REP (Responsabilité Élargie du Producteur) ont un impact significatif sur leur modèle économique.